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Le Centre International de l’Écrit en langue d’Oc

Crée en 1994, avec l’aide de l’Université d’Aix-Marseille et le Laboratoire dirigé à ce moment-là par Jean Véronis, le CIEL d’Oc a été un des premiers sites à mettre en ligne des ouvrages introuvables ou épuisés, peut-être même avant la BNF Gallica.

Après 25 ans, le nombre de consultant n’a fait que croître, en premier car de plus en plus de personnes se sont mis à l’ordinateur, ensuite, de bouche à oreille, le site a été connu par les étudiants, les enseignants, des familles qui découvrent qu’un membre de leur famille a écrit en provençal, et tout simplement des lecteurs en recherche d’ouvrages anciens peu accessibles à des prix raisonnables.

Le “CIEL d’Oc” c’est la centralisation par mémorisation informatique de tous les documents écrits en langue d’Oc, documents éparpillés dans les bibliothèques et musées, publics ou privés, de Provence, en Europe et dans le monde entier. Mille ans de littérature et d’écrits dans notre langue peuvent désormais trouver un asile informatique en Provence

Pourquoi ?

Mille ans d’écrits en langue d’oc pour 32 départements du sud de la France, une région italienne des hautes vallées piémontaises et un état souverain, le Val d’Aran : c’est bien un des plus importants patrimoine linguistique et culturel d’Europe qui est menacé d’oubli. Préserver ce patrimoine devient toujours urgent. Les documents et les publications en langue d’Oc, épars dans les innombrables bibliothèques ou musées périssent lentement sur leurs vieux supports papier. Leur consultation pour un chercheur, un étudiant ou un simple amoureux de la langue est toujours longue et difficile, sinon impossible pour les ouvrages très anciens ou dans des bibliothèques éparpillées.

De plus, la copie sur microfiche des textes en langue d’Oc n’a jamais été une priorité pour les bibliothèques publiques, beaucoup de Conservateurs ne connaissant pas la langue ignorent la valeur des écrits qu’ils détiennent. Ils conservent, c’est tout !

Le manque de volonté du gouvernement de mettre en valeur les langues régionales, met de côté l’option au baccalauréat. Les postes d’enseignant sont supprimés, les parents et les scolaires préfèrent se tourner vers l’anglais.

Comment ?

Devant ces constats :

– d’une part risque de disparition des écrits en langue d’Oc toujours très exposés dans des bibliothèques mal équipées,

– d’autre part, difficulté d’accès à la consultation de ces documents, qui souvent, de revues, mal conservées, font partie de “ Revues mortes ”.

Il paraissait prioritaire de sauvegarder sur un nouveau support informatique tous ces écrits et de les réunir en un seul lieu pour les offrir à la consultation : par connexion sur le réseau Internet.

 À l’heure où le Conseil de l’Europe se préoccupe du sort des cultures minoritaires de la Communauté, une équipe composée d’enseignants, de juristes, de producteurs multimédia, de spécialistes de la presse et de l’édition en langue d’Oc, soutenue par la commune de Berre l’Étang, était prête à s’engager dans cette action de sauvetage.

Quels objectifs ?

– La sauvegarde de tout ce qui s’est écrit comme livres ou actes de toute sorte, en langue d’Oc,

– La mémorisation informatique de tous les documents éparpillés et leur centralisation en un lieu unique, ceci pour une simplification de l’accès aux documents.

 La mise à disposition d’une documentation complète sur l’écrit en langue d’oc était absolument nécessaire : il s’agit d’une démocratisation du droit à la culture d’Oc. Reconstituer une bibliothèque suffisamment fournie était une gageure et un gouffre financier, s’il fallait racheter tous les écrits en langue d’Oc. Par chance, les progrès réalisés en matière informatique ont permis de remplacer avantageusement tous les supports papiers. La constitution d’une bibliothèque informatisée peut permettre de réaliser, à moindre frais, le plus grand centre de documentation linguistique. Les Provençaux, et les autres, peuvent consulter sur leur écran, de chez eux, tous les écrits en langue d’Oc. Une imprimante peut même restituer sur papier les textes utiles pour leurs recherches et leurs étudiants. En un second temps, maintenant la documentation mémorisée étant suffisamment importante, le Centre International de l’Écrit en Langue d’Oc est entré dans le réseau “Internet” et dans autres autoroutes avec des liens avec d’autres bibliothèques, de sorte que la documentation en langue d’oc devient accessible à domicile par tous.

En quel lieu ?

Depuis sa création, la ville de Berre l’Étang accueille le Centre International de l’Écrit en Langue d’Oc. Dans le cadre de la politique provençale engagée par la commune depuis plusieurs années, le Centre devait être le complément d’un Musée d’Art et Traditions, mais le projet ne s’est pas fait.

Cet accueil a marqué la volonté de l’ancien Maire, Monsieur Serge Andréoni, de son successeur Monsieur Mario Martinet, et de leur Conseil Municipal, de défendre et promouvoir la langue et la culture provençale, en un lieu d’industrialisation avancée, où cela peut sembler anachronique et qui pourtant se veut l’un des plus symbolique pour l’avenir de la langue d’Oc :

 Anen avans e veiren Berro…

 Dans cette exhortation passe toute la volonté d’un peuple d’aller de l’avant, de lutter pour sa préservation future et enfin d’atteindre l’objectif majeur : le statut de langue vraiment vivante pour notre langue.

Plan d’action :

– En un premier temps il a été fait la collecte des informations, c’est-à-dire le recensement des fonds de livres et documents en langue d’oc dans les bibliothèques, puis les autorisations de dupliquer les textes ont été demandés.

Aujourd’hui des auteurs contemporains nous donne ses ouvrages qui ne sont plus disponibles en librairie.

– Un catalogue électronique des bibliothèques et de leurs livres en langue d’oc a été dressé et complété au fur et à mesure.

– En un second temps, il a été fait sur place des copies des livres et manuscrits, par photographie numérique, grâce à des employés de Centre.

– La copie réalisée, a été ramenée au Centre pour être copiée, corrigée, mise en page mémorisée dans l’unité centrale de l’ordinateur, et aussitôt dupliquée pour être archivée sur un support numérique, grâce à des employés de Centre.

Ces sauvegardes qui peuvent contenir quelques 300.000 pages imprimées vont largement faciliter la manutention des archives. La plus grande part de la récolte des documents s’est faite au cours des premières années, les recherches pour retrouver les manuscrits oubliés ont été les plus fastidieuses, mais mille ans d’écrits, cela mérite bien une redécouverte et une promotion nouvelle.

– Un Conseil d’Administration et un Conseil Scientifique ont décidé des choix et priorités parmi les documents à présenter ou à archiver. Une fois enregistrées dans la mémoire de l’ordinateur, les informations sont disponibles pour toutes sortes d’applications. Des liens hypertextes permettent de passer d’une consultation à une autre, de sélectionner, trier, couper, coller des extraits… Par ce biais, il est possible de réaliser des encyclopédies électroniques, des logiciels de correction orthographique, des applications de traduction automatique, etc. Cela est devenu les archives du Centre.

À plus long terme maintenant que les ordinateurs se sont un peu plus vulgarisés, que tous les foyers ont quasiment leur écran, nous pourrons effectuer des séquences vidéo, créer des outils qui présenteront les œuvres de nos écrivains, avec conférences, animations et musiques, qui accompagnerons la lecture de leurs poèmes, qui fournirons des traductions en toutes sortes de langues étrangères, etc…

Voilà.

Il y a encore du pain sur la planche, même 25 ans après sa création. Nous ne sommes plus au temps où Monsieur Vital-Mareille disait : ” l’erreur capitale de certains régionalistes est d’avoir des rêves trop courts et des projets étriqués. Ils se contentent de conserver alors qu’il faut bâtir “.

Tous les bâtisseurs seront toujours les bienvenus pour donner leur aide au CIEL d’Oc.

Présidente, Patricia Dupuy

Pour plus d’information :
Siège social : C.I.E.L. d’Oc, 3, place Joffre, 13130 Berre-l’Etang
Bureau administratif : C.I.E.L. d’Oc, 12 Traverse Baude, 13010 Marseille